Une petite anecdote personnelle pour aborder un sujet important dans le domaine des business aux Etats-Unis.

Il y a quelque temps, j’ai passé un week-end dans la région de la Nouvelle Orléans en Louisiane. J’en ai profité (et je vous le conseille si vous passez par là) pour aller visiter une ancienne plantation – Laura Plantation. Dans la boutique, de nombreux souvenirs et produits locaux sont proposés à la vente, et notamment de la confiture de sucre de canne. Curieux et gourmand, je m’intéresse donc particulièrement à ce produit et me rend à la caisse pour demander à une des vendeuses s’il était possible de goûter la confiture avant de l’acheter. Peut-être avaient-ils un pot ouvert juste pour tester ? La réponse fut directe et sans appel : « nous ne pouvons pas faire goûter les produits dans la boutique, car pour cela il nous faut une licence particulière pour être autorisé à servir de la nourriture au public».

Cette histoire pour illustrer le fait que les Etats-Unis ont beau être le pays de la liberté et de l’entrepreneuriat, il n’en est pas moins vrai que de très nombreuses règlementations viennent encadrer la majorité des activités. En premier lieu les fameuses « licenses », indispensables pour pouvoir exercer de nombreux métiers ou ouvrir un commerce. En Floride, l’agence en charge de ces questions est le « Department of Business and Professional Regulations » (DBPR), basée dans la capitale de l’Etat, Tallahassee.
Pour un salon de coiffure, il sera nécessaire d’avoir la licence de Cosmetology, pour un restaurant, celle de « Hotels & Restaurants », et éventuellement les licences spécifiques à la vente et la consommation d’alcool (bière et vins ou alcools forts), pour un agent immobilier, celle de « Real Estate », etc…
En outre, lorsque l’on souhaite ouvrir ou reprendre un local, il faut bien s’assurer d’obtenir ou de pouvoir transférer le « Certificate of Use » ou le « Certificate of Occupancy » établi auprès de la ville ou du comté concerné. Sans ce document essentiel, le commerce ne peut pas ouvrir, et s’il est ouvert, les agents publics peuvent venir à tout moment vous le faire fermer sans délai (attention, aux Etats-Unis, la délation est malheureusement une pratique plus courante qu’on ne le croit!).

Il existe à Miami des personnes spécialisées dans les démarches d’obtention de licences. Dans certains cas, je pense notamment à la licence COP4 (la liquor license – pour les alcools forts), il peut être intéressant de passer par ces spécialistes, qui connaissent parfaitement les rouages du système, voire les personnes dans les administrations concernées, et permettent donc (certes, moyennant des frais supplémentaires) de gagner beaucoup de temps et de s’éviter beaucoup de stress. Au final, l’investissement est généralement rentable.

En résumé, si vous souhaitez travailler aux Etats-Unis, soyez d’abord « licencié » !